Filtration, pressurisation, étanchéité, humidité
Choisir un niveau de filtration ISO 16890 / MERV adapté et maîtriser pressurisation et humidité relative pour limiter la contamination.
À retenir
- ASHRAE recommande au minimum une filtration MERV 13 / ePM2.5 sur l'air neuf en salle informatique.
- Une légère surpression (12-25 Pa) limite les infiltrations d'air non filtré par les défauts d'étanchéité.
- Au-delà de 60 % d'humidité relative, la corrosion s'accélère fortement en présence de contaminants ioniques.
- La filtration mécanique ne suffit pas contre les gaz corrosifs : une filtration chimique dédiée est nécessaire.
Filtration : ISO 16890 et MERV
Deux normes coexistent pour caractériser l'efficacité des filtres à air : la norme américaine MERV (Minimum Efficiency Reporting Value), échelle historique de l'ASHRAE 52.2, et la norme internationale ISO 16890, plus récente, qui classe les filtres selon leur efficacité réelle sur les particules fines (ePM1, ePM2.5, ePM10).
| Classe MERV | Équivalence ISO 16890 approximative | Usage typique |
|---|---|---|
| MERV 8 | ISO Coarse | Pré-filtration, air neuf brut |
| MERV 13 | ePM2.5 | Filtration recommandée en salle informatique standard |
| MERV 14-16 | ePM1 | Environnements sensibles, zones industrielles ou côtières |
Point clé
ASHRAE recommande a minima une filtration MERV 13 (ou ePM2.5 équivalent) sur l'air neuf introduit dans une salle informatique, avec un renforcement vers MERV 14-16 en environnement côtier ou industriel à forte charge particulaire.
Attention
un filtre à haute efficacité mal entretenu (colmaté) augmente la perte de charge, la consommation des ventilateurs, et peut créer une dépression favorisant les infiltrations d'air non filtré par les moindres défauts d'étanchéité ; un plan de remplacement régulier est indissociable du choix de classe de filtration.
Pressurisation et étanchéité
Maintenir la salle informatique en légère surpression par rapport aux espaces adjacents (couloirs, zones techniques, extérieur) empêche l'infiltration d'air non filtré par les interstices de portes, gaines et passages de câbles. Une surpression de l'ordre de 12 à 25 Pa est généralement suffisante et n'entraîne pas de gêne à l'ouverture des portes.
Sur le terrain
dans de nombreux sites en climat poussiéreux, l'absence de sas d'accès pressurisé entre l'extérieur et la salle informatique est la première cause d'entrée massive de poussière lors des ouvertures fréquentes de porte pour les livraisons de matériel.
Humidité relative : un facteur aggravant, pas seulement un confort
L'humidité relative agit comme catalyseur de la corrosion électrochimique en présence de contaminants ioniques (sels, dépôts acides) : au-delà d'environ 60 % HR, la vitesse de corrosion augmente fortement pour un même niveau de contamination gazeuse.
| Plage d'humidité relative | Recommandation ASHRAE |
|---|---|
| 20-80 % (plage large opérationnelle) | Toléré selon la classe ASHRAE (A1-A4) |
| Zone optimale recommandée | Environ 40-60 % |
| Au-delà de 60 % avec contamination présente | Risque de corrosion accéléré, action recommandée |
Astuce
en climat côtier humide, il est souvent plus efficace de combiner filtration chimique et contrôle strict de l'humidité relative plutôt que de chercher une filtration particulaire toujours plus fine, car c'est la combinaison humidité + sels/gaz qui déclenche la corrosion, pas la seule présence de contaminant.
Filtration chimique complémentaire
En présence de gaz corrosifs avérés (H2S, SO2), une filtration chimique à média imprégné (charbon actif, permanganate de potassium) en complément de la filtration particulaire est nécessaire ; la filtration mécanique seule, même très fine, n'arrête pas les molécules gazeuses.