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30 min Conception & Construction de Data Center

Bilan thermique et charges d'une salle

Construire un bilan thermique complet d'une salle informatique (charge IT, éclairage, enveloppe, personnel) pour dimensionner correctement la production de froid.

À retenir

  • Le bilan thermique doit reposer sur la charge IT mesurée réelle, pas sur la somme des plaques signalétiques.
  • Un facteur de diversité de 0,5 à 0,7 s'applique entre puissance installée et puissance consommée.
  • Le débit d'air se calcule à partir de la puissance et du ΔT de reprise/soufflage visé.
  • Une marge de croissance de 15-20 % suffit généralement ; les marges excessives dégradent l'efficacité.

Pourquoi le bilan thermique conditionne tout le reste

Avant de choisir une architecture de production frigorifique, il faut connaître précisément la charge à évacuer. Un dimensionnement basé uniquement sur la puissance électrique nominale des baies (plaque signalétique) surestime presque toujours le besoin réel : les fabricants annoncent des puissances maximales rarement atteintes en exploitation.

Les composantes du bilan thermique

Un bilan thermique de salle blanche additionne plusieurs postes :

PosteContribution typiqueMéthode d'estimation
Charge IT (serveurs, réseau, stockage)80-90 % du totalMesure aux PDU ou en amont du TGBT, pas la plaque signalétique
Onduleurs et pertes de distribution3-8 %Rendement onduleur (92-97 %) appliqué à la charge IT
Éclairage1-3 %Puissance installée x facteur d'usage
Enveloppe (parois, toiture, apports solaires)2-5 %Coefficient U des parois x ΔT intérieur/extérieur
Personnel et infiltrations d'air extérieur< 1 %Nombre de personnes x 120 W, débit d'air neuf

Point clé

la charge IT réelle mesurée sur 12 mois glissants, et non la somme des plaques signalétiques, doit servir de base au dimensionnement ; utiliser un facteur de diversité (souvent 0,5 à 0,7) entre puissance installée et puissance réellement consommée.

Procédure de mesure sur site

  1. Relever la puissance active (kW) en sortie de chaque PDU sur au moins 30 jours pour capter les pics.
  2. Ajouter les pertes onduleur estimées à partir de la courbe de rendement du constructeur à la charge réelle (le rendement chute nettement en dessous de 25 % de charge).
  3. Calculer l'apport de l'enveloppe : Q = U x S x ΔT, avec ΔT entre température extérieure de dimensionnement (souvent la température sèche dépassée 1 % du temps sur l'année, donnée ASHRAE) et la consigne de salle.
  4. Sommer les postes et appliquer une marge de croissance (typiquement 15-20 % sur 3 à 5 ans), jamais une marge arbitraire de 50 % qui conduit à un surdimensionnement coûteux et à un fonctionnement en sous-charge chronique des groupes froids.

Traduire le bilan en débit d'air

Une fois la charge thermique connue (en kW), le débit d'air nécessaire se calcule avec :

Débit (m3/h) = Puissance (kW) x 3600 / (1,2 x 1,006 x ΔT)

où ΔT est l'écart de température repris/soufflé (typiquement 10-12 °C en salle à air chaud confiné). Pour 100 kW avec un ΔT de 12 °C, cela donne environ 24 800 m3/h.

Attention

un bilan thermique qui ignore le facteur de diversité entre baies conduit à surdimensionner la production de froid de 30 à 50 %, avec des groupes fonctionnant en permanence en sous-charge, moins efficaces et plus sujets aux cycles courts.

Sur le terrain

lors d'un audit, il est fréquent de constater que la charge IT mesurée est inférieure de 40 % à la somme des plaques signalétiques annoncées lors de la conception initiale — d'où des salles largement surdimensionnées en froid mais sous-utilisées en électrique.

Astuce

documentez le bilan thermique dans un registre vivant mis à jour à chaque déploiement significatif de baies, au même titre que le registre de capacité électrique, pour éviter la dérive entre conception et exploitation.